Bonne nuit, lever 8h15 pour Paul, qui, après avoir « subi »
et écouté les conseils du propriétaire de l’hôtel, part faire son footing le long la rivière Kamo
sur le « chemin des philosophes ». Nous quittons le Ryokan avant 10h
(ici : personne dans les chambres entre 10 et 15h), petit déjeuner type
français dans une boulangeries/café « à la française » un truc qui
fait fureur au Japon (J’ai vu la même
chose en Chine il y a deux ans). Puis départ en bus vers le quartier Nord pour visiter une série de temples :
d’abord le temple et jardin Kinkaku-ji : il fait gris mais il ne pleut
pas, nous sommes samedi et beaucoup de
japonais sont là pour la visite, ils sont aussi plus souriants et parlent
beaucoup plus que pendant la semaine. Le temple en bois recouvert de feuilles
d’or est au milieu d’un étang et l’on déambule autour dans un milieu semi-aqueux
avec beaucoup de mousses d’un vert très clair autour de pins, cerisiers et
divers arbres très minutieusement travaillés. Une leçon de jardinage la sainte
Béatrice et son bucheron Avoyen. Puis petite marche vers le monastère
Daitoku-ji plus au Nord. C’est un ensemble de petits temples du 15 et 16°
siècle, dans un calme absolu à flanc de montagne, nous sommes ici presque
seuls, on découvre les petit jardins zen de vaguelettes de petits cailloux
finement entassés et ratissés, de roches entourées de mousses d’une gamme chromatique
allant du vert au rouge. Nous passons un excellent moment dans cet endroit
d’une grande quiétude.
L’art du
ratissage : Nous avons croisé des jardiniers concentré sur un mètre
carré de mousse ou encore des as du sécateur qui taillent les pins par morceau
de 3 cm pour sculpter des pinèdes avec
des débords étagés de branches très travaillées. Béa m’explique que le zen
permet d’atteindre ce niveau d’exigence dans le travail. Les types de ces
monastères sont tellement zen qu’ils oublient ce qu’ils sont en train de faire
(par exemple le truc vraiment casse pied : ratisser). Avec l’oubli, ils
atteignent une forme d’intelligence dans la répétition et sont capables de
produire des œuvres d’une grande minutie/perfection à partir de tâches a priori
rébarbatives.
| Kyoto : jardin zen |
La propreté : on ne va pas démentir l’image tout à fait justifié du pays le plus propre du monde. Pas un mégot à terre, les gares, tous les lieux et espaces publics et privés sont impeccables et rangés.
Deux facteurs pour comprendre ce résultat. D’abord, Le civisme et l’esprit collectif : probablement des décennies d’injonctions et désormais d’habitudes sur le sujet, via canal familial, scolaire, professionnel. Ensuite la qualité de l’organisation et les moyens des opérations de nettoyage au plus haut niveau : à la moindre impureté il y a toujours quelqu’un qui passe illico avec balais et serpière.
Deux points méritent une attention particulière. En dépit de la propreté et de l’organisation de l’espace public, le paysage urbain souffre de la visibilité des lignes électriques et de diverses canalisations. Il s'agit d'une simple question de coût et cela n'a rien à voir avec les problèmes sismiques ; au contraire les lignes enterrées sont moins dangeureuses en cas de tremblement de terre. Les rues sont donc parsemées d’une forte densité de poteaux très chargés de câbles/ transformateurs très inesthétiques et cela installe une forme d’anarchie étrange dans un espace fondamentalement propre. Suivez ce lien pour un point détaillé sur cette question des poteaux électriques.
Nous déjeunons rapidement
d’un plat de nouille au Sarazin en quittant le monastère. Puis marche
vers le troisième et dernier temple de la journée : Ryoan-ji. Il pleut
beaucoup, nous sommes humides, il y a du monde, c’est donc moins réussi. Retour
en bus vers la gare. On se réchauffe en prenant un café au lait dans la ville
commerciale située sous l’impressionnante gare de Kyoto. Retour au Ryokan vers 17h,
bain lecture, journal, film et diner de fruits sur place, il fait moche et nous
n’avons plus envie de sortir. Vu documentaire anglais Churchill période 14-18.
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