Samedi 7 mars : bobos à Kyoto


Bonne nuit, lever 8h15 pour Paul, qui, après avoir « subi » et écouté les conseils du propriétaire de l’hôtel,  part faire son footing le long la rivière Kamo sur le « chemin des philosophes ». Nous quittons le Ryokan avant 10h (ici : personne dans les chambres entre 10 et 15h), petit déjeuner type français dans une boulangeries/café « à la française » un truc qui fait fureur au Japon (J’ai vu  la même chose en Chine il y a deux ans). Puis départ en bus vers le quartier Nord  pour visiter une série de temples : d’abord le temple et jardin Kinkaku-ji : il fait gris mais il ne pleut pas,  nous sommes samedi et beaucoup de japonais sont là pour la visite, ils sont aussi plus souriants et parlent beaucoup plus que pendant la semaine. Le temple en bois recouvert de feuilles d’or est au milieu d’un étang et l’on déambule autour dans un milieu semi-aqueux avec beaucoup de mousses d’un vert très clair autour de pins, cerisiers et divers arbres très minutieusement travaillés. Une leçon de jardinage la sainte Béatrice et son bucheron Avoyen. Puis petite marche vers le monastère Daitoku-ji plus au Nord. C’est un ensemble de petits temples du 15 et 16° siècle, dans un calme absolu à flanc de montagne, nous sommes ici presque seuls, on découvre les petit jardins zen de vaguelettes de petits cailloux finement entassés et ratissés, de roches entourées de mousses d’une gamme chromatique allant du vert au rouge. Nous passons un excellent moment dans cet endroit d’une grande quiétude.

Kyoto : jardin du temple d'or kinkaku-ji

L’art du ratissage : Nous avons croisé des jardiniers concentré sur un mètre carré de mousse ou encore des as du sécateur qui taillent les pins par morceau de 3 cm pour sculpter des pinèdes  avec des débords étagés de branches très travaillées. Béa m’explique que le zen permet d’atteindre ce niveau d’exigence dans le travail. Les types de ces monastères sont tellement zen qu’ils oublient ce qu’ils sont en train de faire (par exemple le truc vraiment casse pied : ratisser). Avec l’oubli, ils atteignent une forme d’intelligence dans la répétition et sont capables de produire des œuvres d’une grande minutie/perfection à partir de tâches a priori rébarbatives.


Kyoto : jardin zen

La propreté : on ne va pas démentir l’image tout à fait justifié du pays le plus propre du monde. Pas un mégot à terre, les gares, tous les lieux et espaces publics et privés sont impeccables et rangés.
Deux facteurs pour comprendre ce résultat. D’abord, Le civisme et l’esprit collectif : probablement des décennies d’injonctions et désormais d’habitudes  sur le sujet, via canal familial, scolaire, professionnel. Ensuite la qualité de l’organisation et les moyens des opérations de nettoyage  au plus haut niveau : à la moindre impureté il y a toujours quelqu’un qui passe illico avec balais et serpière. 
Deux points méritent une attention particulière. En dépit de la propreté et de l’organisation de l’espace public, le paysage urbain souffre de la visibilité des lignes électriques et de diverses canalisations. Il s'agit d'une simple question de coût et cela n'a rien à voir avec les problèmes sismiques ; au contraire les lignes enterrées sont moins dangeureuses en cas de tremblement de terre. Les rues sont donc parsemées d’une forte densité de poteaux très chargés de câbles/ transformateurs très inesthétiques et cela installe une forme d’anarchie étrange dans un  espace fondamentalement propre. Suivez ce lien pour un point détaillé sur cette question des poteaux électriques.  

La ceinture du kimono (Obi) : bien pliée pour faciliter le rangement


Nous déjeunons rapidement  d’un plat de nouille au Sarazin en quittant le monastère. Puis marche vers le troisième et dernier temple de la journée : Ryoan-ji. Il pleut beaucoup, nous sommes humides, il y a du monde, c’est donc moins réussi. Retour en bus vers la gare. On se réchauffe en prenant un café au lait dans la ville commerciale située sous  l’impressionnante  gare de Kyoto. Retour au Ryokan vers 17h, bain lecture, journal, film et diner de fruits sur place, il fait moche et nous n’avons plus envie de sortir. Vu documentaire anglais Churchill période 14-18.



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