Vendredi 13 mars : retour du Japon



Pour ceux qui aterrissent sur ce blog, ce billet est celui du dernier jour, je vous recommande de commencer par le commencement ici

Debout 6h45, nous  nous rendons à l’aéroport Haneda terminal international à partir de Ueno via JR line et un  train Monorail qui traverse la baie de Tokyo. Envol pour Paris par très beau temps à 10h40 où la vue matinale sur la baie de Tokyo et la remontée du Japon est merveilleuse. Vu le très intéressant film turc "Winter Sleep".  Ceci clôt ce journal. 

Toutes les photos de Béatrice ici

Quelque part au Nord de Vladivostok :Sibérie orientale au rivage de la mer de Chine  



Jeudi 12 mars : Tokyo la magnifique


Lever à 6h30 pour Paul qui commence à creuser une dette de sommeil, ce n’est pas à faire en fin de vacances… Footing sous un soleil bleu  autour de tout l’étang qui borde Ueno (idem 3° jour plus haut). Pendant ce temps Béatrice crédite son compteur de sommeil. C’est notre dernier jour plein à Tokyo, il faut en profiter, on s’active donc. Petit déjeuner au Ryokan. A 9 h nous prenons un métro direct pour le quartier de Harajuku/Omotesando  à l’Ouest de la ville,  c’est un chouette coin avec un très beau parc et un temple, une avenue avec toutes les marques (omote sando), on a même aperçu une catholic church encadré par Buberry et Channel, une rue de mode plus cheap (Takeshita), un chouette petit musée d’estampes sur la mode et la femme à l’âge édo ; désormais nous savons tout sur les courtisanes (prostituées), les geikas (actrice, chanteuse, femme de culture) et les mères de famille. Dans le parc d’Harajuku nous faisons une courte pause pour avaler quelques brochettes et un thé.

Tokyo Omotesando : église catholique encadrée par les marques!

Puis métro direct ligne JR pour traverser Tokyo d’Ouest en Est vers le quartier de Ryugoku. Malheureusement le grand musée edo ethnographique n’ouvrira ses porte qu’à la mi-mars, on se déporte plus au Sud vers le jardin Kiyosumi que nous recommandons, très beau jardin de pierre, petit pins à coupe très travaillé autour d’un lac, je n’ai jamais vue une telle armada de jardiniers. C’est très soigneusement fait, exactement comme on l’imagine au Japon, les gars sculptent plus la verdure qu’ils ne la taillent. En fin d’après-midi nous visitons le MOT, musée d’art moderne de Tokyo qui n’emballe pas Béa, mais que je trouve vaste, bien agencé et lumineux sur deux étages, présentant 90% d’ œuvres d’artistes locaux que l’on ne voit pas à Beaubourg et au Moma, donc pour moi c’est intéressant, j’ai certains tableau en tête mais je suis incapable de retenir les noms des artistes comme celui des quartiers et des stations de métro…


Tokyo : jardin Kiyosumi

La journée est magnifique, quelques cerisiers blancs rouges et roses commencent à poindre mais la floraison massive est pour plus tard en avril. On se demande si ces cerisiers font autant de fruits que de fleurs, mais nous n’avons pas la réponse… Nous avons beaucoup marché, nous rentrons en métro direct vers Ueno. Ce fut une excellente journée, On retourne diner chez l’indien de la semaine passée puis on se prend un onsen génial à deux. 

Nous commençons à comprendre le rythme de Tokyo et à mieux nous y repérer, nous prenons des petites habitudes, il est donc bien … l’heure de rentrer ! Coucher vers 23h.

Par ici la suite ...

Mercredi 11 mars : de retour à Tokyo


Nuit froide pour Béa, le chauffage est tombé en panne et l’eau a gelé dans la théière. Courageux je m’extirpe de ma couette à 7h30 pour assister au service du matin. Dans une grande pièce richement décorée de bondieuserie et de lanternes, 4 moines font le récitatif ennuyeux de 30 mn en tournant le dos à l’assistance. Il n’y guère plus de chaleur dans ce cérémoniale qu’à la messe du dimanche soir en hivers. L’assistance clairsemée est groupée autour des maigres points de chauffe installés çà et là en provisoire. Petit déjeuner encore japonais (j’arrive à bout de souffle, il me faut des tartines…) .
Journée de transit retour vers Tokyo central : nous avons compté  8 trains porte à porte en passant  par Osaka.  Nous avons finalement décidé de  sauter Hakone car trop compliqué d’accès. A la gare d’Osaka, repas debout de délicieuse brochette que l’on trempe dans un bac de sauce communs. Je me fais remonter les bretelles car je trempe ma brochette petit à petit dans le bac comme les tartines dans le café au lait. Hors cela ne se fait pas ici, pas propre, les germes, etc.  Juste après cet incident propreté,  Béatrice sort un mouchoir usager en papier de sa poche et par mégarde, le fait tomber dans le bac… 

Dans le Shinkansen, nous constatons qu’il a beaucoup neigé cette nuit et ce matin sur toute les régions du Kansai et du Kanto.  Nous avons une belle vue claire sur le mont Fuji enneigé comme sur les estampes, nous traversons quelques zones blanchies, mais dans les zones con-urbaines la neige ne tient pas.  Arrivée à 16h30 à Tokyo central station après 3h de Shinkansen, puis  métro vers Ueno, nous sommes rodés nous avons fait exactement le même trajet à l’aller.

Fujiyama, vue du Shinkanzen

A 18h après une journée de transit ou nous avons emprunté 8 trains différents, nous retrouvons avec grand plaisir le quartier Ueno/Anataka et le ryokan Sawanoya  que l’on recommande. Nous y avons passé 4 nuits, ce sont de simples chambres doubles futons japonais très fonctionnelles sans SdB mais avec super bain Onsen au RDC dont nous avons bien profité, une grande  salle à manger sympathique, beaucoup d’anglais/américain dans un quartier agréable et assez central, proche de plein de musées, à 20mn à pied de la station JR Ueno et à 5 mn à pied du métro Uve, pas loin en métro de plein de quartiers intéressants, Un petit dej simple mais continental tartines qui fait la différence ! Le tout pour 80€ la nuit pour 2.

Chambre de ryokan à Tokyo

Nous allons diner rapidement un plat de spaghettis Japolognaise dans une rue voisine. Béa s’endors comme un bébé mais j’ai trop forcé sur le thé blanc délicieux du Ryokan et je ne trouve le sommeil que tardivement.

Par ici la suite ...

Mardi 10 mars : Koyansan, monk e-bissness


Lever somnolent autour de 7h30, bonne nuit dans la fraicheur de ce temple, fort mal isolé, certain cloison en papier japonais donnent directement sur l’extérieur et il fait -5 °…  Pour la domotique du bain et des toilettes, le japon a plusieurs coudées d’avance, mais il y a en revanche un marché ouvert pour tous les produits et techniques d’isolation… . Par flemme, nous séchons les vêpres du matin, mais nous prenons un petit déjeuner purement japonais (avec une sorte de cerise fumée à noyaux salée très… étrange)  dans une grande salle avec les quelques autres « guest » du monastère : effectif clairsemé compte tenu de la taille et capacité d’accueil du bâtiment. On est assis en tailleur dans une immense salle à manger, deux à deux de face et l’on fait la dinette avec tous les petits plats et les baguettes.

Nous veillons un peu au lit car dehors, il y a une tempête de neige, il fait vraiment frisquet et nous attendons que cela se tasse. Puis vers 10h nous partons vers le haut de Koyan, le coin des temples principaux, toute la ville est temple, un grand ensemble sacré exclusivement orienté religion. C’est une  étape obligée d’un chemin de pèlerinage. Je note que le pèlerinage et le lieu saint semble être un point de commun de ralliement de toutes les religions du monde.  Je suis tout de même indifférents à toutes formes de mysticisme et au sacré, et je m’aperçois ne rien avoir compris de ce « folklore » bouddhiste, même avec ma bonne volonté naïve,   impossible de s’imprégner… Mais les temples sont vivants, même en cette période non saison, il y a du monde pour la pratique, les lanternes sont allumées, des bougies, de l’encens, des morts que l’on vénère. On va se réchauffer dans le musée de Koya-San, avec de belles estampes papiers peints de personnages de la mythologie bouddhiste  très proches et très certainement inspirateurs de divers BD  mangas et de princess Mononoke. 

Vers midi nous trouvons avec quelques difficultés une petite gargote pour se réchauffer autour de crevettes tempura (sorte de beignet) pour Béa et d’un café (Vraiment pas la spécialité au japon, aussi incongru que demander un thé en Italie). On complète le tout avec quelques petits gâteaux sec (difficile de tenir exclusivement avec le régime végétalien des moines surtout par grand froid). Béa rentre transis au temple (où il ne fait pas bien plus chaud) et je me réchauffe avec une longue ballade dans l’incroyable cimetière nécropole de 200 000 âmes de la montagne Koya. Il neige, il fait un bon froid sec, en marchant vite on se réchauffe, la nécropole est immense 3km aller idem au retour, les ancêtres sont au calme et  j’espère serein à l’ombre d’immenses sequoias et cryptomerias. Des arbres de plusieurs centaines d’années voir millénaire, long et effilé, parfois 40 peut être 50 mètres de haut et des circonférences de 12m. Je pense que ce sont des mensurations similaires à ceux des grands parcs américain, mais je ne sais pas, je n’y suis pas allé… Belle et rafraichissante balade.

Nécropole et grands cryptomérias de Koyan-san

Je reviens vers 15h au temple au chaud ou le reste de la journée est consacré à des activités de lecture ou la projection de films (très mauvais « itinéraire d’un enfant gâté » que nous coupons vite et remplaçons par un bon Chabrol « Au cœur du mensonge », avec Jacques Gamblin excellent et étonnante doublure de Jacques ... Dutronc). A 17h30, un moine vient nous chercher pour le diner du soir que nous prenons toujours assis et toujours purement végétalien avec quelques variations cependant par rapport à la veille, il en faudrait cependant pas passer quinze jour ici…



A propos de la table basse chauffante
Lors de notre retraite dans notre « suite » au temple, nous nous réchauffons autour d’un thé sur la table basse qui chauffe par-dessous les jambes via une sorte de tenture, couverture chauffante. Ici les sièges sans pied à même le sol pivotent mais sont un peu durs et mal matelassés. J’imagine que les moines ont prévu l’affaire pour que le moment du thé dure un moment limithé… A Nara, la conception de la table basse était plus intéressante.  On s’assied sur un simple coussin sous cul au bord de la table, on passe ses jambes sous le débord d’une sorte de couette chauffante qui couvre jusqu’à mi taille et surprise… on pose ses jambe dans un trou (invisible car caché par la table et la couette en débord) dans le plancher sous la table. On est ainsi assis à même le sol  autour d’une table basse, pas en position en tailleur inconfortable, mais en position assise « normale » (« western position ») avec les genoux dépliés, et un système de chauffage doux qui permet de papoter de longues heures au chaud et sans crampes… Bien sûr, il faut que la maison comporte un plancher estrade dans lequel on peut prévoir un trou sous chaque table basse mais c’est souvent le cas, la maison traditionnelle est tout en bois. Le système est cependant d’une certaine complexité, je ne suis pas certain de pouvoir en faire une promotion active ; nos table et chaises à  4 pieds ont quelques avantages de confort, mobilité etc… Je retiens cependant le truc de la nappe  avec débord couette chauffantes qui pourrait réchauffer et même rendre possibles certain séjours hivernaux ou pré-printanier à Ourville ou St Avoye. Imaginons par exemple un  système de chauffe discret au niveau des chiens qui font office de poteaux sous  la grande table à Ourville, plutôt que l’enfumage systématique de la grande cheminée…

Note sur les prix japonais 
Toujours sensibles, le sujet des dépenses et de la carte bleu : j’avais quelques appréhensions en partant au Japon, pays trainant une réputation désormais complètement usurpée de « plus cher du monde ». Ici rien n’est gratuit, mais rien n’est vraiment très cher aussi.
Evidemment, il faut accepter les usages alimentaires et de logement locaux. Nous avons passé toutes nos nuits sur des futons japonais, aucun hôtel continental « western style ».  Nous avons évité les chaines anglo-américaines à la mode type starbuck hors de prix à Tokyo comme à Londres où à Paris. Sagement, nous avons aussi restreint nos consommations de produits exotiques comme Le café ; pour  3 euros on a un très mauvais noir. Les fruits (simples oranges) sont parfois chers aussi. 
On mange très bien dans toutes les gargotes pour 6 à 8 euros par personnes (A Levallois, il faut minimum 11€ pour le déjeuner de midi…). Nous nous sommes offert un vrai restaurant « classe » à Nara pour 15€ par personne.
Le transports en communs (train, métro) sont efficaces ponctuels propres pour des prix proches de  ceux que l’on connait en France, peut-être moins chers avec le pass JR d’une semaine que nous avons utilisé (210€ par personne permettant de faire tous trajets sur les lignes de la Japan Railway et en particulier le Shinkansen) .
Les tarifs des musées et attractions sont similaires aux mêmes prestations en France.
Nous nous sommes toujours logés à Tokyo Kyoto Nara pour 80 à 100 euros la nuit pour deux avec un petit déjeuné.  La seule« surprise » fut le logement chez les moines de Koyan-San où il faut débourser 120 € par jour par personne pour le logement en « suite » avec demi-pension à voir le paragraphe « Monk y business ». Cela nous a semblé peu justifié compte tenu des prestations précédentes,  mais je pense que les monastères demandent ainsi à leurs invités une subvention indirecte de leurs activités spirituelles.
Bref le Japon n’est pas pour les fauchés,  mais ce n’est pas aussi une destination exclusivement réservé aux cadres cinquantenaires ayant bien négocié leur traitement.  Une fois que l’on a payé le billet d’avion (700€ AR par personne pour le vol direct) le pays est plutôt bonne surprise pour le porte-monnaie.


Nous avons une conversation animée avec Béatrice. Elle m’interpelle sur mon nez coulant sans interruption depuis l’arrivée au Japon, pays où personne ne se mouche car il est très impoli de sortir un mouchoir en public. Quelle chance, moi qui n’ai jamais rien coté santé, j’ai attrapé ce petit rhume en prenant l’avion pour venir ici…  Béa me dit que je n’ai pas prévu le petit foulard des grands voyageurs dans l’avion qui éviterai ce genre d’inconvénient ; Je lui répond que je déteste l’avion et les aéroports, elle me dit que c’est parce que je n’ai pas assez voyagé, je lui rétorque que j’ai suffisamment fréquenté les  avions et les aéroports pour voir que ce n’est pas ce que je j’attends d’un voyage et que je ne vois pas ce qui distingue un no man’s land aéroportaire d’un autre, un avion d’un autre. Béa répond que seuls les bouffons ignorent que l’architecture aéroportuaire d’aujourd’hui est un équivalent de celle des gares du 19° que nous admirons tous aujourd’hui, etc…  A ce stade le ton est un peu haut, l’environnement japonais n’est pas favorable pour les voix hautes,  et des années de vie commune nous poussent à nous taire chacun de notre côté, cela n’empêche pas de murir les arguments, on sait qu’il y aura de meilleur circonstances pour les exprimer  et puis on oublie, on pardonne et cela va mieux

Vers 16h la neige redouble d’intensité et couvre sérieusement. Espérons que cela se tasse car si nous restons coincé ici par la neige, nulle doute que cela jetterai un froid… complémentaire dont on voudrait se passer, la météo annonce encore -5° à ici Koyansan (dans la montagne à 800 m) pour demain versus 11° à Tokyo (climat océanique de la cote Est au bord du pacifique). Notre petit séjour à la montagne est vivifiant, on pense au Jura… 


Douglas Mac Arthur et le Japon 

Je termine la biographie de sir Mac Arthur par F. Kersaudy, guerrier tout terrain des tranchées en France entre 1917 et 1918 et l’un des grands organisateurs de la reconquête du pacifique par les américains sur les japonais entre 1942 et 1945 (et en particulier des îles philippines). Il fut sans aucun doute l’un des  plus grands mangeurs de « Japs » pendant les années de guerre, mais entre 1945 et 1950, gouverneur général représentant des forces alliés au Japon, il a été le grand réconciliateur. Il a passé un deal avec l’empereur, il a respecté les vaincus, il a fait désarmé tout le pays par l’armée japonaise elle-même.  Il a créé un système de sécurité sociale et redonné les terres aux paysans afin d’éviter que le pays ne bascule rouge. Lorsque pour diverses raisons de désaccords politiques pendant la guerre de Corée Truman l’a débarqué, il y a avait des millions de japonais pour l’acclamer à l’aéroport de Haneda  … Le travail de réconciliations des américains et des japonais et le haut niveau de coopération économique après-guerre est exemplaire et explique le redécollage immédiat du pays et sa volonté permanente  de rester un pilier dans la sphère d’influence américaine. L’Union Soviétique a eu des vues sur Hokkaidō (L’île extrême Nord de l’archipel), mais Sir Mac Arthur n’a jamais rien lâché et surtout pas aux Russes… 

Par ici la suite ...

Lundi 9 mars : transit Nara-Konya


Lever 7h et footing en haut des temples, il fait froid et humide, mais cela passe en grimpant sur les montagnes environnantes et en slalomant entre les temples.  Retour au Ryokan pour un petit déjeuner japonais (délicieux saumon avec arrêtes). Marche jusqu’à la gare où l’on nous apprend que la ligne directe Nara Osaka a un problème (rare sur les trains ici). Il nous faut donc repasser par Kyoto et cela va compliquer un peu cette journée de transit.

La gare de Kyoto

Au final après 5 trains classiques, un train à câble (qui grimpe la montagne à 45°) et un petit bus en fin de course, nous arrivons autour de 16h  à Koyansan, centre de retraite bouddhique avec quelques débords touristiques.Il pleut à grosses goutte ce qui assombrit un peu la montagne

On nous loge dans une sorte de 3 pièces tatamis donnant sur jardin. C’est grand mais un peu vieux style, pas dépouillé comme attendu, on sent que tout cela a vécu. Avec Béatrice nous  connaissons un moment de perplexité car cet endroit est un peu le bout du voyage et nous ne savons pas très bien comment nous en sortirons. J’avais prévu d’aller à Hakone via Osaka et Odawara ensuite, mais cette journée de transit nous fait réfléchir et on pense raisonnable  de squeezer Hakone et rentrer un jour plus tôt à Tokyo Mercredi.  Bon nous verrons… 

A 17h30, un moine vient nous chercher pour un repas 100% végétarien avec de nombreux petits plats chauffés par des bougies. Nous mangeons ces délices tous les deux assis en tailleur seuls dans une grande pièce dépouillée. Le temple est grand, je ne connais pas le nombre de membres permanents qu’il contient, mais il dispose de plus de 60 chambres qui sont presque toutes vides à cette période de l’année. A 18h10 précise nous avons terminé de manger ! C’était chouette, il continue cependant de pleuvoir averse. En soirée, nous avons « elle l’adore » de Jeanne Henri avec S. Kiberlmain et Laurent Lafitte, encore un bon film.

Dinette végétale monastique


A propos des Toilettes électriques : du fait de notre condition de touriste itinérant nous avons fréquentés de multiples lieux publics semi publics ou privé pour la toilette et les petits soins du quotidien. Sur ce sujet, on revient du Japon avec une vision complètement transformée. D’abord les sièges des toilettes sont tous chauffants, ce qui surprend au départ lorsque l’on prend position.  S’il semble possible de chauffer le derrière de 125 Millions de Japonais, il faut à montre avis mettre le haut là à ces pratiques dispendieuse d’énergie électrique, le climat ne survivrait pas à une généralisation planétaire de ces pratiques pour 10 Milliards de derrières. Deuxième détail : le jet nettoyant. En fin d’opération,  vous disposez d’un lavage automatique. En appuyant sur un bouton, il y a envoie un jet d’eau tiède bien placé pour le nettoyage des cochonneries qui restent sur le corps. Le jet est réglable en température et pression. On peut aussi ajuster la durée du jet...

Très souvent le réservoir d’eau des toilettes fait aussi  lavabo dans sa partie supérieure, il est alimenté par un petit robinet qui laisse couler l’eau dans le pseudo lavabo qui n’est pas étanche et laisse filer l’eau dans le réservoir. Inutile ainsi d’ajouter un lavabo lave main à côté des toilettes, il est directement inclut dans l’engin de base. Un système ingénieux de chaufferie/ aération garantie une température et des conditions sanitaires parfaites. Enfin on dispose sur la lunette électrique chauffante d’un petit bouton qui déclenche un bruit de court d’eau ou de chants de cigales qui couvrent les  bruits superflus émis par votre corps…

Par ici la suite ...

Dimanche 8 mars : Nara


Lever 8h, dans ce ryokan recommandé Guide du Routard et rempli de français beaucoup plus bruyants que nous, nous sommes de réveil à 8h (Non merci GdR !). Le propriétaire nous assigne à inscrire quelque chose sur le livre d’or et à prendre une photo avec sa mère âgée, ma mensuration est double de celle de cette femme. 

Différences culturelles et de mensurations !

Vers 9h30, nous nous rendons à la gare de Kyoto pour prendre un train/métro pour Nara. Kyoto Nara Osaka est une conurbation sans sauts de densité. Il n’y a aucune rupture urbaine le long des voies ferrées, cela peut préfigurer Paris Orléans où similaire. Nous n’avons pratiquement jamais vu d’espace vierge ou même arables, parfois quelques lopins cultivés mais très vite rattrapés par le béton/bitume. La différence avec la Chine est le très faible nombre de constructions en cours. Le travail d’urbanisation est achevé au Japon, on rencontre peu de travaux  et d’immeuble échafaudé.  Beaucoup de choses ont été construites après la guerre et pendant la seconde moitié du 20° siècle.


Arrivée à la gare de Nara vers 11h où l’on se pose pour un petit déjeuner continental dans un bistrot de la chaine « la vie de France » qui nous convient bien ! Je parie que les malins actionnaires de cette franchise sont chinois, allemands ou japonais, A vérifier…On se rend à pied à notre prochain Ryokan Asukura très japonais et sympathique. Nous sommes reçus et piloté par une jeune femme polyglotte qui parle un très bon anglais et cela facilite les échanges.

Nous partons visiter le parc de Nara qui comporte un ensemble de temples Shinto (bouddhisme japonais auquel nous restons assez hermétique)  avec des versions micro méso  et macro. Nous déambulons de longues heures dans ce parc où nous assistons à de multiples cérémonies dominicales.
Nous participons d’abord à ce qui fait office de messe du dimanche. Une bande de moines cachés au centre cœur du temple par de multiples cloisons  fait sonner un gond, tape avec une certaine régularité un bâton de bois sur le plancher, chante et psalmodie avec voix graves dans un univers exclusivement masculin. Nous passons toute l'après midi dans les jardins et temples de Nara. Nous avons eu une belle journée de célébrations variées : nous avons suivis un baptême, une  grande messe, un mariage et un rituel du feu de printemps…
Mariage Boudhiste à Nara
Le soir, nous dinons dans un restaurant "classe" purement japonais avec des miliers de petits plats avec un contenu indéfinissable, très bon.

Samedi 7 mars : bobos à Kyoto


Bonne nuit, lever 8h15 pour Paul, qui, après avoir « subi » et écouté les conseils du propriétaire de l’hôtel,  part faire son footing le long la rivière Kamo sur le « chemin des philosophes ». Nous quittons le Ryokan avant 10h (ici : personne dans les chambres entre 10 et 15h), petit déjeuner type français dans une boulangeries/café « à la française » un truc qui fait fureur au Japon (J’ai vu  la même chose en Chine il y a deux ans). Puis départ en bus vers le quartier Nord  pour visiter une série de temples : d’abord le temple et jardin Kinkaku-ji : il fait gris mais il ne pleut pas,  nous sommes samedi et beaucoup de japonais sont là pour la visite, ils sont aussi plus souriants et parlent beaucoup plus que pendant la semaine. Le temple en bois recouvert de feuilles d’or est au milieu d’un étang et l’on déambule autour dans un milieu semi-aqueux avec beaucoup de mousses d’un vert très clair autour de pins, cerisiers et divers arbres très minutieusement travaillés. Une leçon de jardinage la sainte Béatrice et son bucheron Avoyen. Puis petite marche vers le monastère Daitoku-ji plus au Nord. C’est un ensemble de petits temples du 15 et 16° siècle, dans un calme absolu à flanc de montagne, nous sommes ici presque seuls, on découvre les petit jardins zen de vaguelettes de petits cailloux finement entassés et ratissés, de roches entourées de mousses d’une gamme chromatique allant du vert au rouge. Nous passons un excellent moment dans cet endroit d’une grande quiétude.

Kyoto : jardin du temple d'or kinkaku-ji

L’art du ratissage : Nous avons croisé des jardiniers concentré sur un mètre carré de mousse ou encore des as du sécateur qui taillent les pins par morceau de 3 cm pour sculpter des pinèdes  avec des débords étagés de branches très travaillées. Béa m’explique que le zen permet d’atteindre ce niveau d’exigence dans le travail. Les types de ces monastères sont tellement zen qu’ils oublient ce qu’ils sont en train de faire (par exemple le truc vraiment casse pied : ratisser). Avec l’oubli, ils atteignent une forme d’intelligence dans la répétition et sont capables de produire des œuvres d’une grande minutie/perfection à partir de tâches a priori rébarbatives.


Kyoto : jardin zen

La propreté : on ne va pas démentir l’image tout à fait justifié du pays le plus propre du monde. Pas un mégot à terre, les gares, tous les lieux et espaces publics et privés sont impeccables et rangés.
Deux facteurs pour comprendre ce résultat. D’abord, Le civisme et l’esprit collectif : probablement des décennies d’injonctions et désormais d’habitudes  sur le sujet, via canal familial, scolaire, professionnel. Ensuite la qualité de l’organisation et les moyens des opérations de nettoyage  au plus haut niveau : à la moindre impureté il y a toujours quelqu’un qui passe illico avec balais et serpière. 
Deux points méritent une attention particulière. En dépit de la propreté et de l’organisation de l’espace public, le paysage urbain souffre de la visibilité des lignes électriques et de diverses canalisations. Il s'agit d'une simple question de coût et cela n'a rien à voir avec les problèmes sismiques ; au contraire les lignes enterrées sont moins dangeureuses en cas de tremblement de terre. Les rues sont donc parsemées d’une forte densité de poteaux très chargés de câbles/ transformateurs très inesthétiques et cela installe une forme d’anarchie étrange dans un  espace fondamentalement propre. Suivez ce lien pour un point détaillé sur cette question des poteaux électriques.  

La ceinture du kimono (Obi) : bien pliée pour faciliter le rangement


Nous déjeunons rapidement  d’un plat de nouille au Sarazin en quittant le monastère. Puis marche vers le troisième et dernier temple de la journée : Ryoan-ji. Il pleut beaucoup, nous sommes humides, il y a du monde, c’est donc moins réussi. Retour en bus vers la gare. On se réchauffe en prenant un café au lait dans la ville commerciale située sous  l’impressionnante  gare de Kyoto. Retour au Ryokan vers 17h, bain lecture, journal, film et diner de fruits sur place, il fait moche et nous n’avons plus envie de sortir. Vu documentaire anglais Churchill période 14-18.



Par ici la suite ...

Vendredi 6 mars :Tokyo décompression, en route vers kyoto


Lever 8h et petit déjeuné toasté au Ryokan, nous faisons le check up et réservons une chambre idem pour le 12/3 dernier jour prévu au Japon. C’est un très bon rapport accessibilité, qualité prix.  Retour vers la gare Ueno, métro vers 9H puis métro pour la gare tokyo (avec accent sur les deux o) centrale (celle d’hier)  et l’on attend de pouvoir rentrer dans le Shinkansen en admirant l’incroyable ballet des agents des services de nettoyage de ce train (voir plus bas). Puis Shinkansen  pour kyoto (trajet 2h30). Le trajet suit très majoritairement des plaines denses bordées de montagnes parfois enneigée : nous ne verrons pas le mont fuji cette fois car le temps est gris. Dès que le terrain est plat, la densité est forte ou très forte, un long continuum urbain. Les montagnes sont vierges et ne comportent  quasiment pas de constructions.

A propos du salut japonais : C’est imporant le salut toujours à distance  sans jamais se toucher. Par exemple, le contrôleur du shinkansen rentre dans le wagon 30s après votre installation avec un salut général à l’ensemble du wagon, puis il contrôle avec quelques courbettes complémentaires, il sort enfin du wagon avec un salut, puis il fait son inspection nettoyage toujours en saluant en entrant et sortant du wagon. Quel est l’état de sa colonne vertébrale après 30 ans d’un pareil métier ? en tous les cas il nous enchante ! De même chaque distributeur automatique vous dit au revoir avec un icone qui vous fait le salut mi-corps. L’homme salue les bras calé le long du corps, la femme salue avec le geste des deux mains jointes, plus la personne à saluer le mérite, plus on se courbe… 
Au Japon c’est bien de savoir dire  merci « arigatō » ou merci beaucoup « Dōmo arigatō ». La  formule de politesse renforcée est  « Dōmo arigatō gozaimashita » très souvent employé par les vendeurs dans les magasins, réceptions, etc… Mais le « gozaimashita » ne doit pas être employé par l’acheteur ou le touriste. Plus de détail sur ces subtilités langagières ici.

A propos de la solitude Niponne : on ne sait pas si l’impression d’une paire de frais touristes au soleil levant est justifié, mais les gens font beaucoup d’activités seuls. Par exemple, nous avons assisté à un modèle de travail à la chaine : la séance de nettoyage du Shinkansen avant le démarrage du Shinkansen. 10 mn avant le départ du train, une armée de technicien/ienne de surface se poste à chaque porte des 16 wagons du Shinkansen. Ils ont 5 mn pour faire le nettoyage complet retournement des sièges, changement des appuis têtes, coup de balais et sacs poubelles. Forte concentration sur les tâches, personne ne parle. A 5 mn du départ du train, les nettoyeurs laissent un espace impeccable et repartent l’un après l’autre sans échanger un mot vers le prochain labeur (un autre Shinkansen à nettoyer). La fraternité salariale et la pause-café (ce que les anglais appellent le « small talk ») semblent inexistantes.   Autre exemple dans le métro, personne ne se parle. Ce n’est pas un silence pesant, car en permanence une radio, une speakerine, une pub, un bruit électrique d’oiseau ou de court d’eau artificielle vous assaille. Il n’y a donc pas de vrai silence, mais dans la rue et l’espace public, on ne se parle pas. Beaucoup de gens mangent seuls dans les restaurants. Bref ici c’est silence et radio.  C’est très certainement la même chose sur la ligne 14 le matin à 9h, mais force de l’habitude, on ne s’en aperçoit pas.   

Métro de Tokyo : le masque et le mobile


Le Shinkansen et le rail  : Le Shinkansen (TGV) est superbe, long blanc avec un nez effilé et des yeux bridés. A l’intérieur, il ressemble très fortement aux nouveaux trains à grande vitesse chinois. Banquettes à 3 + 2 places, larges couloir et bizarrement dans un pays à population de plutôt petite taille, il y a  plein de place pour les jambes. Bien sûr, électricité et ordinateur à gogo. Il y a  du personnel de service en pagaille,  Il va vite n’est pas fatiguant, un chouette TGV ; bref Shinkan-zen.  Nous allons profiter de ce réseau avec notre carte inter-rail toute cette semaine.  Le réseau du rail est incroyablement déevloppé et efficace ici. Il est organisé par de multiple compagnie mais il y a une très forte intération de toutes les lignes. Grosso modo, le TGV, le train, le RER le métro est toujours à l’heure; On ne l’attend jamais car le débit est fort et constant, il est rapide,  propre, les gares aussi sont propres : pas un mégot sur le macadam de Tokyo… On fait beaucoup de changements mais ceux-ci sont rapides et bien organisés. Il faut un petit temps d’adaptation pour les indications de destination et tableaux d’horaires, mais c’est les explications sont très pédagogiques avec des écrans partout. Comme en Chine, les trains, métro sont immenses : très large et long assurant un débit maximum en heure de pointe. Le débit à Chatelet RER A à 9h est une affluence de seconde zone… Certaines gares sont incroyables et de vrai villes en sous-sol…

Shinkan-zen 

    
Arrivée à 13h à la gare de Kyoto, nous ajustons bien le repérage du prochain Ryokan Asuhara et nous le trouvons sans problème caché à 15 mn à pied de la gare. Ici Kyoto est tout de même moins dense que Tokyo mais cela reste une grande ville et l’on cherche la verdure… Anciennement ville impériale, elle comporte une cité d’empereur que nous cherchons à découvrir.  Nous sortons du métro et l’on cherche l’entrée de la cité qui n’est pas indiqué, c’est un grand parc type parc saint clou avec au centre  de très longs murs qui cachent l’empereur de la foule. Mais tout est clôt rien est indiqué, on fait à pied le tour du parc pour s’apercevoir que seul les cars de touristes avec réservation peuvent rentrer dans l’enceinte. Décidément nous n’avons pas de chance avec l’empire, l’impérialisme et ses cités  (confer plus haut nos déboires de premier jour à Tokyo).


Nous rentrons donc un peu dépités par cette première approche Kyotoïte. Le responsable du Ryokan nous fait alors une leçon très appuyée sur sa demeure, son mode de fonctionnement,  les us et coutumes : les pantoufles pour le couloir, les autres pour les toilettes, les chaussettes dans la chambre à futon, les heures de bains Onsen, la douche en dehors des heures, etc… bref on se chausse et déchausse 40 fois par jour au Japon et on se lave à minima 2 fois dans la journée, tous est organisé pour que cela se passe comme cela. Nous nous reposons tout de même un peu, puis nous sortons diner dans un bouiboui japonais OK pour rentrer et regarder un film de benoit Jacquot : 3 cœurs avec B. Pelvorde (Excellent), assez bon film,  bien français…

Par ici la suite ...

Jeudi 5 mars : Tokyo sur-impressions


Bonne nuit en dépit d’insomnie. Lever Paul vers 7h pour un footing qui traverse le parc Ueno et tourne autour de l’étang adjacente. Je reprends une plaisanterie fine vue dans Rock n folk ; meilleur footing de tous les temps ! Temps superbe frais, bleu et beau. Petit déjeuner toast à l’hôtel après deux  petits déjeuners purs japonais, nous sommes assez contents de trouver des tartines grillées et de la marmelade d’orange.

Métro vers la gare centrale avec changement à couloirs interminables vers la Tokyo station, gare principale située au centre de Tokyo dans le quartier hyper bizness Nihonbashi où l’on marche plus vite qu’ailleurs et qui change radicalement du coin calme Yanataka du rokyan Sawanoya. Le coin fait penser à Grand central de NewYork. Dans le Métro tokyoïte, ce n’est pas la joie : une palanquée de personnes toujours seules, grises mine, avec très souvent un masque blanc sur le nez et un téléphone portable au bout des doigts. Un autre truc à propos du métro à Tokyo, les rames et les quais sont immenses, il y a donc un chauffeur à l’avant et un aide de camps dans la cabine arrière ; celui-ci fait une gymnastique remarquable pour indiquer à son collègue que la voie est libre, qu’il peut fermer les portes et repartir. Ces agents ont une gestuelle conditionnée impressionnante  (gants blancs, sifflet, casquette, gestes saccadés) et l’on comprend les kamikazes de la 2° guerre mondiale.

Nous allons sans problème activer notre JR pass (forfait de train libre sur tout le réseau Japan Railway)  d’une semaine que j’ai acheté à Paris et réserver notre trajet en train Shinkansen pour Kyoto demain : quelle organisation ! Ici, C’est un dédalle de halls et de couloirs mais les points d’informations touristiques sont bien fichus.

Nous traversons l’incroyable Tokyo Forum City Hall (Centre de conférence). Une prouesse architecturale des années 1990 avec un cube de verre en forme d’amande immense, enchâssé dans les grands immeubles alentour. C’est très, vraiment très, réussi. Que le palais des congrès parait moche, daté et sans avenir à côté de cela ! Béa prend une tonne de photos.

Tokyo Forum City Hall

Toujours dans le quartier de Nihonbashi, nous visitons ensuite le superbe musée Mitsibishi Ishibokan. Le musée est situé dans beau un bâtiment en brique rouge du 19° totalement rénové et  encadré d’imposants building (un peu comme St Patrick à New York) : cela prouve selon moi que l’alliance du neuf avec du vieux, cela peut marcher et c’est souhaitable. L’intérieur a été complétement refait pour un musée ultra moderne  avec l’argent de la florissante industrie automobile Nipponne. Une collection incroyable du 19° et début 20° : impressionnistes Manet, Monet, Renoir, Degas, Cezanne… Boudin, Redon … Bref plus riche que ce que l’on peut voir au musée d’Orsay.
L’essentiel de l’exposition en cours provient de la très riche collection de la famille américaine Melon de la national galery de washington (selon Béatrice toute droit sortie d’un roman d’Edith Warton=  tasty Melons !) Une carte de l’hexagone explique au nombreux visiteurs japonais où se trouve les villégiatures des impressionnistes : on localise  Argenteuil (encore !), Port Marly, Honfleur , Giverny… Un très Chouette moment.

Musée Mitsibishi Ishibokan : l'alliance du neuf avec du vieux

Puis à 2 pas, visite du musée Idemitsu où est exposé le travail de Hoan un peintre japonais du 20° qui fut influencé par la peinture de l’Ouest et fit ensuite  un retour vers le style japonais. Le musée est situé au 9° étage d’un immeuble avec vue sur la cité impériale et ses jardin. Il y a une rangée de fauteuil confortable et l’on se sert du thé vert à volonté tranquillement en rédigeant ce journal avec une belle vue sur tout Tokyo.

Nous faisons une pause autour de 14h dans un délicieux soup corner. Puis dans le quartier Ginza (équivalent de la 5° avenue) nous montons dans le sony buiding où nous allons faire une experience « haute résolution » écoute de variété japonaise ringarde combinée a  un spectacle de bougies sur écran en relief, bref sony est une boîte qui vit sur un passé glorieux (ex Walkman !) mais qui s’est fait complètement déborder par la high tech US.

Nous  visitons ensuite le Bridgestone muséum un peu plus au Nord dans le quartier de Kyobashi, de la peinture du 19 et 20°, là encore une chose qui nous semble incroyable 2/3 de peinture française, tous les impressionnistes, matisse,  unModigliani repérable entre tous, Picasso … Après les voitures, les pneus participent à la diffusion/conservation du patrimoine : quid d’un musée Renault ou Michelin à Paris avec de l’art japonais ? Ce musée très bien agencé avec une collection incroyable, il va cependant fermer ses portes en mai pour une durée indéfinie de travaux. Nous  avons de la chance et l’exposition du moment est le best of the best de toutes leurs expositions. C’est donc assez hétérogènes mais on peut constater que le pneu (américano  japonais ?) gonflent à bloc les caisses d’entreprises florissantes ce qui permet de s’offrir les meilleurs  impressionnistes. Cela ressemble au système américain des collections financées par les fondations privées.


Après cette journée de trois beaux musées (voir une synthèse sur les musées de Tokyo ici)  nous prenons un métro direct pour rentrer de la Tokyo station à la Ueno station un peu plus au Nord. Nous commençons juste à mieux nous repérer et comprendre le système de trains/métro. Retour à pied de la gare Ueno en traversant le parc du même nom vers le Ryokan. Diner dans un restaurant chinois. Béatrice regarde Gosford Parc de Robert Altman, mais pour Paul les veillées ne sont pas longues, endormissement immédiat et réveil à 2 heure du matin en plein forme pour lire  la biographie du général Douglas Mac Arthur (héros des tranchées Française en 1917/18 et de la guerre du pacifique 1941/45) écrite par l’excellent François Kersaudy.

Par ici la suite ...

Mercredi 4 mars : Tokyo à gogo


Lever vers 8h mais pas de bain car trop occupé. Petit déjeuner japonais idem hier. Nous changeons d’hôtel et de quartier, c’était prévu car, de Paris,  je n’avais pas réussi à réserver 4 nuits dans le même Ryokan et cela nous permet aussi de découvrir un autre quartier : Yanataka. Nous nous rendons à pied de Asakusa à Yanataka, les deux quartiers sont distants de quelques kilomètres et sont situés au Nord de la partie centrale de Tokyo. Nous traversons les voies ferrées de la gare de Ueno et le parcs à côté (prononcer je crois « EuOuéno »)  et nous trouvons sans problème à l’aide de GoogleMap le ryokan Sawanoya. La carte de Tokyo est en elle-même un grand voyage, il faut un temps d’adaptation/prise ne main : l’agglomération compte 34 M d’habitants, Tokyo central : 13 M d’ha.

Plan du métro et trains de banlieue de l'agglomération de Tokyo : indigeste les premiers jours

Le ryokan Sawanoya recommandé par le GdR (merci à lui !) est vraiment très bien et nous en ferons notre camp de base Tokyoïte (voir plus de détail sur ce ryokan ici)   

Café dans le parc Ueno et Matinée au musée national de la ville de Tokyo. C’est un grand et beau musée orienté œuvres et objets japonais. Il est très espacé très agréable à parcourir et nous y déjeunons.
Musée de la ville de Tokyo parc Ueno


Puis en face,  nous visitons le musée des sciences, la cité des sciences avec collection de papillons et de scarabées, statut de baleine géante, locomotive à vapeur et avion de la seconde guerre…

Bonjour les parisiens : buffle empaillé, musée des science de Tokyo


Douche et Bain japonais Bea et Paul ensemble, bain collectif mais en fait privatisé par nous deux. La baignoire est gigantesque, très chaude et très délassante. Très bon moment. Retour à la chambre et difficile d’écrire et même de lire plus de 3 lignes…   

Par ici la suite...

Mardi 3 mars : Tokyo pour les gogos



Levé vers 7h pour Paul qui va prendre un bain japonais au dernier étage de l’immeuble dans la salle de bain collective spéciale : Onsen. On s’y rend en pantoufle et kimono. On se savonne sous une douche propre, on prend un bain bien chaud dans un récipient fait pour 2/3 personnes sans jamais se savonner dedans, c’est un bain de prélasse exclusivement … Le ryokan nous propose ensuite un petit déjeuner Japonais, avec légumes bouillis (sorte Navet) omelette, un morceau de poisson grillé, une soupe miso, du riz et des sauces sojas. A 8 h du matin, il faut s’y faire, mais c’est bon et raffiné.
Nous prenons le métro pour le quartier central (Ginga) avec pour objectif la visite de la cité impériale, le centre vert de Tokyo. C’est un complexe de verdure entouré de murailles de très gros blocs de roche. Mais les murailles sont infranchissables  ce jour pour cause de fermeture inexpliquée. On se rabat un peu plus vers le Nord pour traverser un jardin vers le musée national d’art moderne, mais là encore, c’est  fermé. On se rabat encore dépités vers la galerie « craft », annexe du musée d’art moderne, mais ce n’est pas fantastique : petite exposition de bijou japonais modernes  et d’autres trucs déjà oubliés au moment où j’écris ces lignes. Retour en métro vers station Uve près de Ueno.

Tokyo du coté de Ueno : premier cerisier

Vers 14h30, sous l’injection de l’estomac insatiable de Béatrice, nous déjeunons dans un restaurant Dennys, une chaine américaine qui sert des plats japano-italo américain un peu au Nord du parc de l’Ueno.
Dans le parc Ueno, nous visitons le musée national  d’Art Moderne, qui n’est pas fermé et comprend une exposition temporaire sur le post impressionnisme et une exposition secondaire avec en particulier une série de tableaux immenses  représentants une sorte de  bouée marine, dessinée à gros trait de peinture et avec le mot « Runner » écrit en gros. Nous n’avons pas compris l’allusion, c’est surréaliste et  intéressant.  

Coup de pompe au musée, je m’endors quasiment  debout devant l’exposition temporaire des néo impressionnistes : Monet, Seurat, Pissaro, Maximilien Luce, Cross et Derain. Beaucoup de public Japonais pour découvrir  Etretat, Saint-tropez, Argenteuil,…
Ueno, est le coin musées, nous essayons de visiter le musée du western art mais les collections permanentes sont fermées jusqu’au 16 mars (jour du retour  pour nous!) et le reste ferme à 17h… Décidemment nous n’avons pas de chance avec les horaires. Nous rentrons à pied vers Asakusa qui n’est pas loin. Nous visitons en fin de journée le temple Senso-ji. Diner dans le coin de grandes crevettes tempura (beignets)  dans une soupe délicieuse pour Béa et d’un plat moins mémorable pour Paul.

Senso-ji : le gardin du temple
Journée mitigée,  nous ne nous couchons pas trop tard, nous sommes encore décalés, nous n’avons pas les codes pour comprendre ce qui se passe et ce que l’on attend de nous, les mots la signalétique sont trop exotiques et l’on a de réelles difficultés de mémorisation. Demain sera un autre jour…

Par ici la suite...

Dimanche 1ier et lundi 2 mars : arrivée fatigués au levant

Dimanche en fin d’après-midi, nous quittons les enfants qui s’apprêtent  à reprendre leurs activités scolaires et universitaires. Nous prenons le RER direct de 18h08 pour Roissy Terminal 1, celui des grands voyages. Excitation maximale, presque 15 jours en voyage à deux, nous n’avons pas fait cela depuis la naissance de Jacques…

Béa emmène un barda habituel, je suis équipé assez léger mais j’ai tout de même emporté l’écran portable avec un clavier adapté à mes doigts mal-agiles. Depuis la mise en rebut du blackberry, impossible de taper un journal de voyage sur des téléphones à écran tactile… Je pourrai donc m’atteler à ce journal de voyage, directement en saisie numérique, ce qui n’avait pas été le cas l’an dernier lors du périple sud-Maroc, Andalousie. Les photos seront prises par l’artiste Béa comme toujours. L’aéroport est presque vide, les formalités sont vite faites. Il nous reste  2 heures pour boucler les derniers mails.

Trajet direct de presque 12 heures via la compagnie japonaise ANA. Evidemment c’est un peu long mais il y a les derniers films d’Hollywood pour passer le temps (Imitation game, Foxcatcher, birdman : rien de transcendant[1]...). Nous passons près du pôle Nord de nuit, Belle vue d’avion sur la steppe sibérienne, puis l’avion traverse un bout de mer de Chine, le Nord du japon très montagneux et enneigé et longe toute la côte Nord Est du Japon pour atterrir presque dans l’eau sur la piste de l’aéroport d’Haneda, Tokyo.

Tokyo dans sa baie, mont Fuji en arrière plan 

Avec quelques difficultés de repère nous prenons un métro qui nous mène directement dans le quartier d’Asuka où nous avons réservé notre premier Ryokan . Il est 18h mais désormais lundi, il fait nuit, c’est l’heure de pointe pour les retours du bureau. On sent la grande ville, des salariés fatigués qui rentrent chez eux et nous sommes touristes jetlag. Les lignes de métro sont repérables  avec des lettres et des n° de station comme à la bataille naval. Il y a aussi les noms des principales stations sur les plans en caractères occidentaux, mais sur le plan que nous avons récupéré les noms des stations secondaires sont mentionnés en caractères japonais de haut en bas…  Arrivée à la station Asakusa (1h de l’aéroport), nous nous perdons dans ce quartier d’Asakusa  car j’avais noté une mauvaise adresse d’hôtel.

Embarquement pour le Japon ; maux de mer de Chine possibles...
Nous trouvons le Ryokan  Shingetsu dans une rue calme à proximité du temple et des rues touristiques, avec les marchands qui vont avec. Nous nous installons avec plaisir dans une chambre avec tatami, thé et futons à gogo. Nous allons manger dans un bouiboui, 2 rues plus loin, quelques raviolis (Gyoza)  avec une pâte mal identifiée verte à l’intérieur et beaucoup d’ail. Au moment de passer au plat de résistance, ils nous mettent dehors car il est 20h est cela ferme. Nous nous apercevrons que c’est courant, la soirée se termine tôt, l’heure japonaise n’est pas d’espagnole. Nous compensons en  achetant quelques fruits au supermarché du coin. Les supermarchés sont uniquement alimentaires, avec la moitié des rayons consacrés aux condiments. Retour tôt vers le ryokan et l’on se couche illico, nous avons une nuit à rattraper.

Plutôt une bonne nuit avec l’aide d’un cachet en milieu de nuit pour compenser le décalage. L’art de la literie est porté à un haut niveau, le futon japonais et sa couette, ouah !

Par ici, la suite...




[1] Depuis « Mud », le cinéma américain n’est vraiment pas inspiré. (« c’est un point de vue », le mien !)